Késárí : the king

L’histoire raconte l’histoire d’une divinité ancienne invoquée et réincarnée en tant que criminel qui vole les riches pour aider les pauvres. Le film commence avec une scène montrant un duo d’oppresseurs qui imposent leur autorité en exigeant des tributs humains. Lorsque l’un des villageois refuse de livrer sa fille, cette dernière est tuée sous les yeux de son papa. Désespéré, et implorant la divinité Késárí, ce papa demande la vengeance de sa fille que Késárí lui accorde. Plus tard, on voit Késárí se réincarner dans la grossesse d’une femme Iya Abiye. Il apparait désormais sous le nom de Ifadola, et va vivre la vie d’un humain presque normal. En grandissant, il développe une nature colérique, et rend coup pour coup à ceux qui l’offensent. Un jour lors d’une dispute, son père frappe sur sa tête, chose interdite, ce qui provoque sa transformation (tête d’or flottante) et la disparition du papa. Cette manifestation attire l’attention d’un gang de voleurs qui tente de s’emparer de la tête, une tentative vouée à l’échec. Désormais, Késárí s’appuie sur eux pour devenir le robin des bois, volant des riches pour redistribuer aux pauvres. Très tôt, leur notoriété grandit, attirant l’attention des forces de l’ordre qui vont mener une lutte farouche contre le gang.

L’histoire rappelle étrangement de anciennes histoires concernant des voleurs qui ont sévit au Nigéria et au Bénin et qui ne craignaient personne, ni forces de l’ordre ni population. Si le but de l’auteur est de raconter ces anciennes histoires et bien, il s’y est mal pris. L’histoire a un grand potentiel, mais tellement inexploité et mal scénarisé. Ne serait-ce que pour les acteurs qui ont déjà tourné dans d’excellents films du même genre, on est déçu de la tournure du film, sans remise en question de leur prestation. L’histoire semble décousue sans lien apparent et sans réellement fondement. Plusieurs interrogations scénaristiques suscitent du film, comme le lien entre son invocation pour réparer une injustice et sa réincarnation. La raison de sa réincarnation est restée inconnue durant tout le film. L’affiliation au gang reste aussi injustifiée, quel en est la raison ? Pourquoi rendre justice en volant de la sorte, en s’affichant gang redoutable sans foi ni loi et défiant les forces de l’ordre ? Quel en était le message à véhiculer ? la transformation en tête dorée après sacrilège de son père reste infondée.

Au début de l’histoire, on a pu voir, Ifadola s’enticher de Amokè depuis sa plus tendre enfance. Après sa transformation et le recrutement de son gang, celle-ci apparait sous couverture pour aider à l’arrêter, mais elle semble changer d’avis, après avoir appris que ce dernier vole les riches pour aider les pauvres. Cette histoire d’amour est mal exploitée, on n’a pas réellement vu une complicité de couple qui pourrait nourrir des retrouvailles transcendant l’envie de réussir la mission et l’envie de supporter son amant. L’auteur pourrait mieux exploiter cette histoire d’amour pour créer un rebondissement intéressant dans le scénario (par exemple la femme qui vient à vouloir dominer le gang ou qui change la direction de cette dernière). L’auteur pourrait s’attarder sur leur relation, expliquant et créant cette complicité qui aurait été à toute épreuve et qui aurait survécu. Ceci rendrait les retrouvailles plus émouvantes.

L’histoire d’une part nous plonge dans le mysticisme, une valeur plus ou moins sûre pour ce genre de film, mais qui est totalement mal exploitée. On sent que l’auteur veut faire un lien entre un monde moderne et un monde des temps anciens, mais il s’y est mal pris. L’auteur pouvait approfondir le monde du mysticisme expliquant l’origine de Késárí, sa raison d’être et sa soif de justice. Il me fait particulièrement penser à la divinité du tonnerre au Bénin, qui est une divinité de justice, il a en horreur l’injustice et rend justice pour celui qui l’implore, et si par malheur, tu l’as imploré en étant malhonnête, tu subiras sa colère. Le personnage de Késárí pouvait être mieux exploité en racontant son histoire en tant que divinité, et racontant mieux son histoire en tant que défenseur des pauvres. On n’a pas vraiment perçu le côté altruiste du personnage justifiant ces actes de Robin des bois. On remet en question la notion de divinité de Késárí, tant il est visionnaire (il arrive à déterminer que Amokè est sous couverture), tant il est moins sage, s’emportant à tout va. On a presque l’impression qu’il n’apprend pas de ses erreurs. Les personnages secondaires sont restés en marge, déjà que le personnage principal est mal exploité, vous imaginez celui des personnages secondaires, qui n’ont presque aucune construction.

Le jeu d’acteur et les animations du film laissent perplexe. Tant les grands acteurs du film ont bien joué, en reprenant l’acteur principal Ifadola et son gang, tant les personnages secondaires ont été moyens. Les animations laissent à désirer pour un film du genre et connaissant les acteurs, cela aurait pu être amélioré. On a l’impression que c’est une réalisation à la va vite pour se débarrasser du film, comparé à des films comme King of Thieves ou Jagun Jagun, ces animations et jeu d’acteurs sont moyens.

Néanmoins, le film n’a pas que de mauvais côté, il montre une réalité africaine qui est toujours utilisé à nos jours, mais sous des airs nouveaux. Il nous montre une société où le professionnalisme fait défaut chez certains. Il nous apprend que rien n’est éternel sur terre, la divinité a été affrontée et renvoyée dans le monde des esprits par des humains. On peut voir à travers le film que la justice est une question de perspective, ce que l’on pense juste d’un côté est perçu comme une menace de l’autre côté et notre monde vit sur ça où la subjectivité de la justice prend le dessus et on applique que la justice des plus forts, comme Alpha blondy fait allusion dans journaliste en danger, la démocratie du plus fort est toujours la meilleure, ou encore l’adage qui dit la loi du plus fort est toujours la meilleure. On peut apprendre subtilement du film que l’histoire se répète perpétuellement et apprendre des erreurs du passé peut aider.

En somme, Késárí the king retrace une bonne histoire, qui est mal exploitée et rendu. Néanmoins, il nous aborde des thèmes intéressants comme le pouvoir, l’injustice, la vengeance et la révolte. Des thèmes qui sont toujours d’actualité. Il rappelle que l’histoire n’est que le miroir du présent, et qu’il faut apprendre des erreurs passées.


En savoir plus sur Discutons-en

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

2 réflexions sur “Késárí : the king

Laisser un commentaire