Black Rose

Temps de lecture : 6 min

Black Rose est un film Nigérian sorti en 2018 qui conte l’histoire d’une jeune fille Rose orpheline de père et issue d’une famille pauvre. A la mort de son père, elle a arrêté l’école pour aider sa mère, vendeuse de nourriture à subvenir aux besoins de la famille. Sa grande-sœur Ugo essaie tant que bien d’aider la famille à sa manière en se prostituant. Rose fera la rencontre d’un mignon jeune homme pour qui elle tombe amoureuse, mais ce dernier l’utilisera à des fins malsaines pour ses propres besoins à lui.

L’histoire retrace certaines réalités auxquelles peut être confronté la jeunesse. Ces réalités sont encore plus d’actualités ces jours-ci. L’auteur soulève bien les sacrifices et les chemins que peuvent prendre la quête d’une vie meilleure. Personnellement, je trouve le scénario bien écrit, et ce qui est encore plus marquant est la manière pour aborder le sujet qui est encore d’actualité 7 ans après. Le jeu d’acteurs est notable, les principaux acteurs ont su relever le défi et ont pu transmettre les émotions à l’écran. Les personnes facilement émotives seront très émues en regardant le film. Les acteurs sont à féliciter d’autant plus que le cinéma nigérian commençait à prendre une tournure modernisée ; mais le format reste le même que les films Nollywood habituels qu’on suivait, mais avec un jeu d’acteur meilleur qu’avant. Les personnages secondaires ne sont pas restés en marge. L’auteur a su profiter de leur présence pour étayer un peu le film. On peut voir le frère de Rose, Nonso, qui sert de garde four à Rose en lui demandant d’où elle a pu avoir des sous pour certains achats. La sœur de Rose, Ugo qui sert de soutien à Rose peu importe les choix qu’elle prend et qui sert de contre-exemple par rapport aux choix que Rose est censée prendre. Et la maman de Rose qui est protectrice et qui sert de dernier rempart à Rose.

La thématique centrale abordée par le film est l’envie de sortir de la pauvreté. Dès les premières situations du film, on aperçoit les contradictions et les dilemmes moraux qui sont posés. On peut citer la première scène où le petit-frère de Rose se met dans une situation d’aider sa famille, très jeune, il se voit comme devoir endosser le rôle de chef de famille ; cette situation fera écho à beaucoup de personnes, moi y compris où tu te vois prendre des décisions ou agir comme une personne plus mature que ton âge. On peut voir une autre scène où Rose a accepté les premiers cadeaux de Desmond et ses avances, hésitant entre faire confiance à son nouvel employeur où accepter ce qu’elle ressent et l’explorer ou encore quand Desmond l’a drogué pour permettre à ses amis de la violer et qu’elle revienne vers lui. Plusieurs scènes du film te mettent dans des situations où tu es confronté à suivre ton instinct ou la morale ou ton éducation, ces situations de la vie qui ne te laissent pas parfois le temps d’y penser, de peser les pour et contre de ta décision, une décision qui pourrait être un regret demain. L’auteur montre combien la pauvreté peut pousser certaines personnes à se rabaisser (le film ne montre qu’une facette de ce que pourrait pousser la pauvreté à faire, on peut voir dans ma critique sur Living in bondage: breaking free, une autre facette).

Une thématique moins parlante que la thématique centrale est la naïveté et l’innocence qui ont été arrachée à une jeune fille pleine de vie. Rose, innocente, naïve et plein de gentillesse, s’est vu giflé par la vie (si on peut le dire ainsi) ; elle a accordé sa confiance à la mauvaise personne et la vie lui a montré combien le monde est cruel. Beaucoup peuvent se voir dans des situations similaires où leur joie de vivre leur a été enlevé du jour au lendemain, juste en faisant confiance à de mauvaises personnes ou d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Certains ont vécu trahison, déception, de par ces situations, et ont eu du mal à se remettre ou ne s’en sont pas remis. Ceci fait écho à la cruauté de la vie, à faire attention à son entourage. La scène de Rose à la fin du film est le résumé de combien la vie peut être injuste et qu’il faut faire attention.

D’autres thématiques assez subtil sous-entendues par le film est la communication, la présence de mentor et la manière d’éduquer. Il a manqué de communication au sein de la famille. La sœur ayant vécu une situation similaire devrait servir d’exemple, son histoire devrait guider les autres. Le film ne raconte pas comment elle en est arrivée à se prostituer, ni à parler de son histoire avec sa sœur. Ceci pourrait mieux aider Rose à voir le jeu de Desmond. Mais elle a été d’un soutien sans faille à sa sœur. La maman n’est pas en marge, elle a son lot d’erreur. Elle ne prend pas la peine d’écouter ses enfants pour mieux les conseiller. Elle ne prend pas le temps de comprendre les actions de ses enfants, elle ne prend pas le temps de les pardonner et de voir leurs efforts ; elle était toujours à blâmer ses enfants, toujours à faire des reproches. Ceci a eu un effet inverse sur ces dernières. Certes, elle voulait le bien de ses enfants, elle n’est pas à blâmer pour cela, mais elle lui a juste manqué plus de compréhension, de patience et de compassion.

La dernière scène ou Rose parle avec sa sœur résume assez le film et invite aux leçons à tirer, la scène montre combien la vie peut être injuste et on se doit de la vivre, sans tenir les autres pour responsables, mais apprendre de ses erreurs et avancer : « le monde est l’endroit le plus dur à vivre et pourtant, c’est l’endroit où on meurt facilement. Pourquoi ne pourrait-on pas choisir où être ou comment naître ? pourtant, où qu’on se trouve, on lutte. Parfois, j’enviais ta liberté à faire ce que tu veux. Même si ce que tu faisais, était mal, j’ai vu la bonne action que tu voulais faire. J’ai lutté pour ne pas faire pareil, mais peu importe ce que tu faisais, ce n’était jamais assez pour nous, mais je l’ai fait […] je ne te blâme pas, donc ne te blâme pas pour l’exemple que tu nous as donné, je ne blâme pas maman, ni papa qui est mort et nous a abandonné. Je ne blâme pas la vie qui est injuste ni même Desmond qui est un ange déchu donc ne te blâme pas ». Je trouve que c’est le meilleur résumé que le film puisse avoir et la meilleure leçon de vie. Ce passage nous indique combien la vie est dure et qu’on doit se battre pour elle, et qu’il n’y a personne d’autre à blâmer que nous-même pour les choix qu’on a pu faire.

En somme, le film est un film qui veut nous montrer les dilemmes qui minent notre société et notre jeunesse actuelle. L’histoire est bien écrite avec des thématiques intéressantes, mais beaucoup peuvent rester sur leur faim du fait que c’est une trame classique des films Nollywood, mais le jeu d’acteur est notable et sort d’un cadre ordinaire des anciens films Nollywood.

Partagez vos impressions et dites-nous quelle thématique n’a pas été abordé par ma critique ?


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